Quelques mots...
Maire d'Asnières-sur-Seine (92), j'agis au quotidien sur le terrain pour développer de nouvelles solidarités pour toutes les générations. Avec mon équipe, aucun
quartier ne sera oublié.
J'ai une volonté de transparence. Proche des Asniérois, chaque année, je rendrai compte de mes activités dans chaque quartier. Ce blog s'inscrit dans cette démarche. C'est
l'occasion de présenter mes actions, d'apporter macontribution au débat.
Une semaine que j'ai été élu Maire...La semaine est passée si vite. Elle a été si passionnante et si enrichissante.
Mon élection de Maire ce samedi 22 mars 2008 a été émouvante. Mes proches , des militants qui ont participé à cette campagne électorale, quelques anciens de mes élèves étaient
présents. J'ai remis les écharpes aux adjoints et les insignes aux conseillers municipaux délégués. J'ai pu lire beaucoup de fierté et d'émotion sur les visages de mon équipe.
J'ai souhaité que ce conseil municipal soit retransmis en direct sur le site internet de la ville. Ce fut en léger différé...il y a eu trop de connexions !
A l'occasion de ce conseil municipal, M. Aeschlimann a eu un discours poli. Mais ce n'est pas sans compter sur une certaine hypocrisie. La veille, sans me prévenir, il faisait envoyer un courrier
à tous les Asniérois avec le rapport de la Chambre Régionale des Comptes et une lettre diffamante. Cet envoi va coûter 40 000 euros. C'est un véritable scandale. C'est le dernier coup
d'un ancien maire dont les pratiques ont été sanctionnées par les électeurs.
Après mon élection au conseil municipal, j'ai passé un moment en famille et je me suis ensuite rendu à la mosquée pour la fête pour la naissance du prophète, puis à une
manifestation antillaise. Le lendemain, dimanche, j'ai travaillé avec une partie de mon cabinet sur l'organisation du travail avant de me rendre à la fête du
Pourim. Le lundi de Pâques, j'ai travaillé avec la Maire-adjointe aux finances, Christine Cam sur les premières orientations budgétaires.
Après ce week-end de travail, j'ai entamé une semaine marathon. J'ai voulu dès le mardi matin rencontrer les employés communaux présents dans la mairie en faisant la tournée des
services. Je rencontrerai l'ensemble des autres services dans les autres secteurs de la ville très prochainement.
Avec Josiane Fischer et Christian Leblond, puis avec d'autres adjoints, nous avons déjeuné au self municipal. Pour moi, c'est bien plus qu'un symbole. C'est une volonté forte de
réduire le train de vie des élus, de placer ma mandature sous le signe de la modestie.
J'ai aussi pu rencontrer brièvement les directrices de crèche, discuter avec quelques policiers municipaux auxquels je renouvelle mon parfait soutien. J'ai
salué les bénévoles de la Protection Civile à l'occasion de leur loto annuel et l'action du Club des Chardons, une association de soutien scolaire.
Mais le temps fort de cette semaine fut mon déplacement dans les quartiers nord avec mes adjoints et des responsables / directeurs de services. Pendant deux heures, nous avons
marché dans les quartiers pour aller concrètement à la rencontre des habitants et voir les améliorations que l'on peut faire concrètement: accessibilité, voierie, terrains de sports pour les
jeunes,...
Un déplacement que je vais faire chaque semaine dans chaque quartier.
Enfin, la semaine s'est achevée par un séminaire de travail avec l'ensemble de ma majorité où nous avons abordé l'ensemble des enjeux de la mandature.
Bref, avec mon équipe, je suis au service de tous les Asniérois.
L’ex-maire d’Asnières entendu par la PJ
Quatre jours après son échec aux élections municipales, l’ancien maire d’Asnières, Manuel Aeschlimann, était convoqué par la police
judiciaire parisienne. Pendant plusieurs heures, jeudi dernier, cet ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, également député, a été entendu par la brigade de répression de la délinquance économique
(BRDE). Des auditions qui s’inscrivent dans le cadre de trois enquêtes préliminaires distinctes ouvertes par le parquet de Nanterre. La première concerne l’utilisation inappropriée de fonds
parlementaires à des fins privées. Une deuxième enquête vise un marché de restauration collective passé avec Avenance. Les policiers doivent vérifier s’il n’y a pas eu favoritisme dans
l’attribution de ce marché. Cette procédure a déjà valu une garde à vue de trente-six heures à Bernard Loth, l’ancien directeur général des services.
Enfin, Manuel Aeschlimann a été interrogé sur les « fichiers ethniques », ces listings d’électeurs comportant les nom,
prénom, adresse, date et pays de naissance susceptibles d’avoir été exploités par le maire au mépris des règles imposées par la Cnil.
Par ailleurs, hier, le nouveau maire socialiste d’Asnières, Sébastien Pietrasanta, a indiqué qu’il allait saisir la chambre régionale des comptes et informer le procureur de la République de
Nanterre dans une toute autre affaire. Sébastien Pietrasanta vient en effet de découvrir que son prédécesseur a fait diffuser la semaine dernière, et aux frais de la mairie, 27 500 exemplaires du
rapport intégral de la cour régionale des comptes consacré à la gestion de la commune. Un rapport qu’il n’avait pas voulu rendre public avant les élections municipales. Et pour cause, il s’avère
cinglant sur sa propre gestion entre 1999 et 2006. Mais dans son courrier, Manuel Aeschlimann accompagne le rapport de vingt-cinq pages de commentaires personnels pour arriver à la conclusion
qu’il laisse « une situation financière saine et innovante ».
« C’est le dernier coup d’esbroufe d’un maire qui a perdu et qui jurait hier, la main sur le cœur, qu’il serait un opposant constructif, s’insurge Sébastien Pietrasanta. Cette initiative est
scandaleuse et a coûté environ 40 000 € au budget municipal. » Manuel Aeschlimann n’a pu être joint hier.
Marisa Faïon et Valérie Mahaut
A 30 ans, Pietrasanta est le plus jeune
Olivier Bureau | Le Parisien | 25.03.2008 | 07h00
SURTOUT, ne lui dites pas qu’il est novice… Depuis dimanche, le socialiste Sébastien Pietrasanta, 30 ans, est maire d’Asnières, 82 000 habitants. Certes, à la tête d’une liste d’union où le parti à la rose s’est associé au MoDem et aux divers droite. Il est le plus jeune maire de ces municipales 2008.
Jeune sans doute, mais « pas inexpérimenté » se défend l’intéressé.
Sébastien Pietrasanta a 30 ans dont la moitié de militantisme et la quasi-totalité à Asnières. « J’y suis né », précise-t-il.
A 15 ans, il prend sa carte au PS, crée un journal au sein de son lycée, s’investit à la FIDL, le principal syndicat lycéen dont il devient vice-président. Dans la foulée, il adhère à SOS Racisme. Là encore, la progression est rapide. Il finit par en devenir directeur national. Une boulimie militante, mais qui n’a rien d’héréditaire. Chez les Pietrasanta, on n’est pas encarté au PS de père en fils. C’est même plutôt l’inverse. « Mon père est entré au Parti socialiste après moi », glisse le tombeur de Manuel Aeschlimann (UMP).
Ces années, récentes malgré tout, ont laissé des traces. S’il est un poids lourd du PS dont il se dit proche c’est… Julien Dray, le cofondateur de SOS Racisme. Pendant tout ce temps, il ne quitte Asnières que quelques années, direction Bois-Colombes avant de revenir dans sa ville en 1998. « J’ai fait toute ma scolarité au collège et au lycée Renoir », ajoute-il. Après le bahut, le militant entre à la fac, en histoire.
Celle de Nanterre forcément où il présente une thèse d’histoire contemporaine. Mais plutôt que les amphi bondés d’une université, Sébastien Pietrasanta préfère enseigner en lycée professionnel, à Clichy. « C’est peut-être le résultat de mes années d’engagement associatif, de travail de terrain dans les quartiers. Une demi-douzaine de mes élèves était dans la salle pour le conseil d’installation, samedi. Cela m’a vraiment touché », estime Sébastien Pietrasanta.
En 2001, il est élu conseiller municipal, trois ans plus tard, il entre au conseil régional et dans la foulée prend la présidence du groupe PS à Asnières. Parallèlement il gravit les échelons de la fédération départementale du PS dont il est à l’heure actuelle le numéro 3. « Cette évolution m’a donné une légitimité pour mener la liste », analyse-t-il.
Aujourd’hui, on sait du nouveau maire qu’il a une compagne, mais pas d’enfant. Si sa vie publique sera plus médiatisée ces prochaines années, Sébastien Pietrasanta a dressé des murs autour de sa sphère privée. « C’est une question d’équilibre, tranche-t-il. J’ai besoin de me préserver. » Un petit tacle à son prédécesseur : « On ne verra pas grandir mes enfants, année après année, sur les cartes de voeux de la ville ! »
Sébastien Pietrasanta sous les acclamations
Olivier Bureau | Le Parisien | 24.03.2008 | 07h00
« Une ville de droite et un maire de gauche ! »
Peu avant 10 heures, une musique zen, limite new-age, emplit la mairie. Quinze minutes plus tard, c’est l’explosion de joie, le trio victorieux fait une entrée triomphale. Les nouveaux élus, debouts, redoublent d’applaudissements. La passation de pouvoir est cordiale, apaisée. Encore maire pour quelques instants, Manuel Aeschlimann (UMP) salue son adversaire : « Cher Sébastien, ce moment d’intense bonheur, c’est le vôtre. Je connais.
Profitez-en. Sincèrement ! » Et d’ajouter avec un demi sourire que « les bureaux sont rangés.
Rien ne vaut une bonne défaite pour mettre de l’ordre ». L’élection du maire achevée, Manuel Aeschlimann rejoint le deuxième rang, désormais simple conseiller municipal d’opposition. Sur l’estrade, le carton portant son nom trône encore devant son successeur : Sébastien Pietrasanta a recueilli 37 voix. Pas un de ses colistiers ne s’est risqué au vote blanc.
Chacune de ses phrases, les remerciements et ses priorités pour la ville, est alors saluée par des acclamations de joie. La folie culmine avec son « Nous allons écrire une nouvelle page d’histoire à Asnières ! ». Au final, la ville comptera 18 adjoints au maire avec une parité parfaite. Pendant le vote, Sébastien Pietrasanta s’éclipse, histoire de vérifier que son écharpe est bien dans le bon sens.
La désignation des adjoints et des conseillers délégués n’est plus qu’une formalité. « Il est jeune et déjà aguerri. Nous allons pouvoir aller vers une intercommunalité », se félicite Philippe Sarre, son voisin PS de Colombes, investi vendredi soir après avoir pris la ville à la droite. Amidi, la cérémonie touche à sa fin. Quelques quolibets ponctuent la sortie stoïque de Manuel Aeschlimann. Dans la salle du conseil, les accolades succèdent aux embrassades.
La fête terminée, le programme était déjà chargé pour le nouveau maire : une visite à la mosquée pour la fête de la naissance du prophète, une soirée antillaise et un dimanche de Pâques consacré aux premières orientations budgétaires. Le conseil municipal a jusqu’au 15 avril pour le valider.
Ce samedi 22 mars, j'ai été élu Maire par le Conseil Municipal. Une grande émotion et une grande fierté. Je suis désormais le Maire de tous les Asniérois. Aux côtés d'une équipe de 37 élus et notamment de Josiane Fischer et de Christian Leblond, nous serons des élus disponibles, à l'écoute et volontaires.
SI LA nouvelle majorité tient ses promesses, les prochaines semaines risquent d’être remuantes à Asnières. Lors du premier conseil municipal, qui doit se tenir samedi, après la
réunion d’installation et l’élection du maire et des adjoints, Sébastien Pietrasanta, le futur maire PS, compte aborder un sujet lourd.
« Ce sera certainement la semaine suivante (NDLR : la première semaine d’avril), précise-t-il.
On examinera le rapport de la chambre régionale des comptes sur la ville. Et nous allons demander un audit des finances de la ville ! » Ce rapport classé confidentiel a empoisonné la vie
politique de la commune fin 2007. L’opposition, de gauche mais aussi celle de droite, réclamait à cors et à cris son examen public, en séance, alors que Manuel Aeschlimann le refusait. Sa chute
face à la coalition Sébastien Pietrasanta (PS), Josiane Fischer (divers droite) et Christian Leblond (MoDem) aura eu raison du silence entourant ce dossier.
« On va faire des économies en frais d’avocats »
La nouvelle équipe assure par ailleurs avoir demandé à la direction générale des services un état précis de toutes les affaires judiciaires en cours, toutes les procédures où la ville
est partie prenante. Objectif affiché : en abandonner certaines. « Nous ne voulons pas judiciariser la vie politique. On va faire des économies en frais d’avocats », glisse Sébastien Pietrasanta.
Une allusion à peine voilée aux 2,42 millions d’euros de frais d’avocat supportés par la ville entre 2000 et 2005 d’après la chambre régionale des comptes, soit cinq à huit fois plus que dans une
ville de même importance.
En revanche, le nouveau maire ne remet pas en question l’existence de la police municipale qui devrait être renforcée ou au moins maintenue en l’état, tout comme le dispositif de
vidéosurveillance. « En revanche, la PM assurera davantage de missions d’îlotage, des rondes à pieds et à vélo. Nous voulons en faire une vraie police de proximité », résume le futur
maire.
« Asnières va se normaliser »
Josiane Fischer, qui sera première adjointe chargée de l’urbanisme, détaille les grandes lignes du projet logement de la nouvelle majorité : « Nous ne toucherons pas aux zones
pavillonnaires, martèle l’élue. Pas question de bâtir d’immenses tours. Nous construirons des logements sociaux dans de petites unités, tout en préservant chaque quartier et en développant les
espaces verts. Aujourd’hui avec 2 m 2 par habitant, Asnières a le plus faible taux du département. »
La création « très rapide » de conseils de quartiers fait également partie des premières mesures prévues par les nouveaux élus. Enfin, les habitants auront trois fois plus d’occasions d’assister
aux débats entre élus. Alors que seuls quatre conseils municipaux se tenaient chaque année sous l’ère Aeschlimann, la fréquence va passer à environ un par mois. « Comme ailleurs en somme, tranche
Christian Leblond. Asnières va se normaliser. »
Olivier Bureau | Le Parisien | 19.03.2008 | 07h00
Pietrasanta : "Ça a de la gueule"
L'homme qui a fait "tomber" Manuel Aeschlimann à
Asnières-sur-Seine la joue modeste. S'il savoure la victoire acquise dans un bastion de l'UMP, Sébastien Pietrasanta, qui s'est allié pour ce faire avec la candidate divers droite Josiane Fischer
et le Modem Christian Leblond, est conscient de ses responsabilités. Pour ce socialiste de 30 ans, proche de Julien Dray, le plus dur commence.Comment avez-vous vécu cette victoire inattendue à Asnières?
On savait que le système Aeschlimann était contesté. C'était jouable. On ne partait pas favoris mais pas battu d'avance. Quand j'ai eu l'investiture socialiste, j'avais dit que je n'y allais pas pour témoigner. Après le premier tour où le maire sortant a perdu dix points par rapport à 2001, la victoire n'était plus inattendue. Cela dit, je ne m'attendais pas à un tel effondrement de son électorat.
Comment l'expliquez-vous?
Cela fait neuf ans qu'il est en place et il n'a pas fait ses preuves. Il est contesté dans son propre camp pour sa gestion des finances de la ville mais aussi pour sa façon de faire vivre la démocratie locale.
Quelles ont été vos premières impressions dimanche soir?
De la joie, beaucoup de fierté, de l'émotion. Et aussi peut-être un peu d'appréhension.
Après l'ère Aeschlimann, quelles seront les premières mesures que vous prendrez?
Ce qui est sûr, c'est que les choses vont changer. Samedi, ce sera le conseil municipal d'installation. La première mesure, symbolique, ce sera la diffusion en direct sur Internet de ce conseil municipal. Tous les conseils désormais seront retransmis. Par ailleurs, je souhaite que les élus d'opposition soient associés à la rédaction du règlement intérieur. Je veux que les droits de l'opposition soient renforcés. Nous allons rapidement lancer un audit sur les finances de la ville et mettre fin à des dépenses superflues. La priorité surtout, c'est de réinstaurer un climat apaisé à Asnières. Dès la semaine prochaine, je veux aussi faire le tour des quartiers, d'abord les quartiers nord, pour voir concrètement les travaux d'urgence, ce qui peut être fait très vite comme la réfection d'un terrain de sport...
"Etre le maire de tous, au contraire d'Aeschlimann"
Vous avez été élu en vous alliant à Josiane Fischer (divers droite) et Christian Leblond (Modem). Comment a été possible cette alliance très large?
D'abord, ce n'est pas un accord d'appareil conclu dans la nuit de dimanche à lundi. Cet accord était nourri depuis longtemps. C'est en premier lieu un accord programmatique puis un accord qui porte sur l'organisation et la gouvernance. Au premier tour, chacun a porté ses couleurs, ça a permis de voir notre poids dans l'électorat, mais nous avions déjà mené une action commune importante en novembre dernier pour réclamer un conseil municipal extraordinaire quand Manuel Aeschlimann refusait de publier le rapport de la chambre régionale des comptes sur les finances de la ville.
Les trois pôles de cette alliance sont-ils politiquement compatibles?
Il n'y a pas de points de friction majeurs entre nous. Dans toute majorité, il y a des discussions, des débats mais la gestion municipale, ce n'est pas idéologique. C'est d'abord du pragmatisme pour répondre aux questions concrètes des Asniérois. C'est une autre façon de faire de la politique après un maire particulier et un contexte rendu également particulier. Si je peux me permettre, cette alliance, ça a de la gueule! Mon ambition, c'est de rassembler les Asniérois, d'être le maire de tous, ce que n'a pas été Aeschlimann.
Quelle sera la future répartition des rôles au niveau des délégations?
D'abord une répartition en fonction des compétences de chacun. Un de nos engagements, c'est d'assurer une transparence totale dans l'attribution des logements sociaux et des places en crèche. Pour le logement, les finances, trois personnes issues des trois composantes de la majorité seront nommées.
Manuel Aeschlimann vous donne six mois avant de vous déchirer...
Ça me fait sourire. Sa propre majorité a été divisée avec des haines caractérisées, des gens limogés, des démissions...
"Je ne suis pas un méchant"
Il vous a présenté comme un gauchiste...
Là, ça me fait rire. Les gens qui me connaissent savent bien que ce n'est pas le cas. Sur ma liste du premier tour, il n'y avait même pas de communiste. Je crois qu'il a fait une erreur dans sa campagne entre les deux tours. Au lieu de faire son mea culpa, de dire qu'il avait compris le coup de semonce du premier tour, il a voulu durcir la campagne...
Il a annoncé qu'il allait déposer un recours susceptible de faire invalider l'élection...
Très honnêtement, je n'ai rien à me reprocher, je suis très tranquille. Il n'y a pas eu de fautes commises au cours de cette campagne. Et puis à la fin, il y avait quand même 1000 voix d'écart...
Certains fonctionnaires municipaux craignent une chasse aux sorcières...
Il n'y aura pas de chasse aux sorcières. Le cabinet du maire a remis sa démission, certains directeurs de service, engagés politiquement, partiront d'eux même. Il y aura une réorganisation des services mais c'est dans la logique des choses. J'ai besoin de travailler avec des gens en qui j'ai une totale confiance. Je n'ai mis et ne mettrai le couteau sous la gorge de personne. Au contraire, j'ai rassuré certaines personnes. Je n'ai pas l'esprit de revanche, je ne suis pas un méchant. Ce n'est pas dans ma nature.
Avec votre patronyme, certains voient en vous un Corse de plus ayant la mainmise sur une ville importante des Hauts-de-Seine?
Pas de chance, Pietrasanta, c'est italien d'origine! Je n'ai pas de lien avec le clan corse de l'UMP!
Sébastien
Pietrasanta Asnières-sur-seine
30 ans, génération anti-Balladur
Avec l’élection à Asnières (Hauts-de-Seine) du socialiste Sébastien Pietrasanta, 30 ans, qui a fait mordre la poussière au très sarkozyste Manuel Aeschlimann, la génération des lycéens de 1993-1994 fait son entrée dans la cour des grands. «J’avais 15 ans à l’époque, se souvient le futur maire de cette ville de 80000 habitants, et nous étions descendus dans la rue contre le projet de CIP, le smic-jeunes que voulait instaurer Edouard Balladur.» Le jeune Asniérois rejoint les rangs de la FIDL (fédération indépendante et démocratique lycéenne), dont il est vice-président. Le bac en poche, il se lance dans des études d’histoire - qu’il enseigne aujourd’hui dans un lycée professionnel à Clichy -, milite un peu à l’Unef mais préfère s’investir dans la vie associative. «Nous avons lancé une Maison des potes, qui a employé jusqu’à quatre salariés, s’occupant de soutien scolaire et d’alphabétisation», raconte-t-il. Pour battre Manuel Aeschlimann, Sébastien Pietrasanta a réussi à fédérer les opposants en fusionnant au second tour la liste de gauche qu’il conduisait avec deux autres, l’une divers droite et l’autre Modem. Il deviendra samedi le plus jeune maire du département des Hauts-de-Seine.
Le prochain conseil municipal avec les nouveaux élus aura lieu samedi à 10H en mairie. L'entrée est libre. A cette occasion, le nouveau conseil élira un nouveau maire et l'équipe
des adjoints.
A ma demande, le conseil sera retransmis en direct sur le site internet de la ville. Un écran sera installé dans la salle des mariages pour la foule.
Le trio vainqueur des élections municipales, Sébastien
Pietrasanta, Josiane Fischer et Christian Leblond, prend ses marques après la victoire.
«ON PREND nos marques et dès samedi on se met au travail. » Sébastien Pietrasanta, le vainqueur socialiste d'Asnières, et ses deux futurs adjoints, la divers droite Josiane Fischer et
le MoDem Christian Leblond, le répètent à l'envi : leur alliance inédite peut et va tenir. Quelques heures plus tôt, Manuel Aeschlimann, le maire UMP défait, leur donnait six mois avant de se
déchirer.
Hier peu avant 14 heures, solennel et ému, Sébastien Pietrasanta gravit les marches de l'imposant hôtel de ville pour rencontrer son ancien adversaire. Le tapis rouge
prend des airs de festival cannois. Il salue le personnel, s'enferme vingt minutes avec son prédécesseur et embraye sur un entretien avec le directeur général des services.
La soirée de dimanche brille encore dans les yeux des vainqueurs : ses cris de joie, ses embrassades, ses centaines de partisans sous les ors de la mairie. « C'était fabuleux, tellement intense.
On s'est pris pour les Rolling Stones », lance Josiane Fischer. Christian Leblond sort de la réserve qui le caractérise : « Nous n'avions plus les pieds qui touchaient terre... » « Et cela ne
nous a pas déplu », jubile Sébastien Pietrasanta.
D'ici au conseil d'installation, samedi matin, le tombeur de Manuel Aeschlimann doit organiser son équipe, rencontrer les élus... Confirmant que maire d'Asnières est « un boulot à plein temps », Sébastien Pietrasanta a pris les
devants. Prof d'histoire dans un lycée de Clichy, ce trentenaire a obtenu une mise en disponibilité immédiate. Le temps d'avaler un jus de fraise, la boisson qui lui « a porté chance », l'homme pressé a un
dernier rendez-vous qu'il ne veut pas sécher. « J'ai un conseil de classe ce soir (hier). Pas question de le rater », précise-t-il.
Ambiance fin de règne
Un peu plus loin, la mairie est quasi silencieuse. Ambiance fin de règne. « Le ménage a commencé, glisse Josiane Fischer. J'ai vu des cartons sortir ! Après tout, c'est normal, on fait de la
place. » Encore maire pour quelques jours, Manuel Aeschlimann affiche une sérénité crispée. « J'encaisse, lâche-t-il. J'ai passé la soirée à consoler les militants et les élus. On veillera à ce
que le personnel communal soit bien traité... » En face, le trio victorieux l'assure, il y aura du changement, comme trois fois plus de conseils municipaux dans l'année, mais pas de chasse aux
sorcières.
Olivier Bureau



