Quelques mots...
Maire d'Asnières-sur-Seine (92), j'agis au quotidien sur le terrain pour développer de nouvelles solidarités pour toutes les générations. Avec mon équipe, aucun
quartier ne sera oublié.
J'ai une volonté de transparence. Proche des Asniérois, chaque année, je rendrai compte de mes activités dans chaque quartier. Ce blog s'inscrit dans cette démarche. C'est
l'occasion de présenter mes actions, d'apporter macontribution au débat.
Dans un entretien au journal en ligne mediapart.fr, M. Aeschlimann affirme qu'il aurait démissionné en cours de mandat
de son poste de maire en cas de victoire... Il n'en avait pas dit un mot durant la campagne électorale. Consternant...
A Asnières, le conseil municipal vire au procès d’un proche de N. Sarkozy.
Reportage : 8 avril 2008 par Marine Turchi
De mémoire d’Asniérois, on a rarement vu la salle du conseil municipal aussi remplie que ce lundi soir 7 avril.
Dans la pièce mitoyenne, la salle des mariages, un grand écran a été installé pour retransmettre la séance.
Les partisans de la nouvelle équipe se sont déplacés en nombre. Au deuxième rang, la famille du nouveau maire, le socialiste Sébastien Pietrasanta, est venue assister aux débuts du fils qui, il y a peu, enseignait l’histoire dans un lycée.
Pour cette ville des Hauts-de-Seine de 80 000 habitants, traditionnel fief de
la droite depuis un demi-siècle, la défaite de Manuel Aeschlimann, jeune baron UMP,
très proche de Nicolas Sarkozy dont il fut le “M. Opinion” durant la campagne présidentielle, a été une surprise et un événement. Après huit années d’une gestion très contestée, les Asniérois
sont désormais curieux de savoir à quoi ressemblera la coalition hétéroclite, faite de socialistes, de centristes et de divers droite, qui arrive à l’Hôtel de Ville.
Sébastien Pietrasanta, le jeune maire, l’avait martelé : « Il n’y aura pas de chasse aux sorcières. » La première heure du conseil municipal a pourtant permis de commencer à solder les comptes. Face aux trois vainqueurs (le socialiste Sébastien Pietrasanta, la divers droite Josiane Fischer et le centriste Christian Leblond), Manuel Aeschlimann devait s’expliquer sur les conclusions accablantes d’un rapport de la chambre régionale des comptes sur la gestion de sa ville.
Ce rapport, que l’ancien maire avait tenté d’étouffer à sa sortie en septembre
2007, avait fuité dans les médias en décembre, jouant un rôle important dans sa défaite,
le 16 mars.
Il révèle une très mauvaise gestion financière (doublement de la dette, passée
de
100 millions à 200 millions d’euros), des irrégularités dans le fonctionnement du cabinet du maire, des véhicules de fonction utilisés de manière privée, une consommation exorbitante de
carburant, des frais d’avocats hors normes
(2,42 millions d’euros entre 2000 et 2005). « Ce rapport est accablant pour 1’équipe sortante. J’ai commandé un audit », a conclu son successeur.
Mais le coup de poignard est venu de l’opposition elle-même. Un ancien adjoint, Cyrille Dechenoix, s’est lancé dans un réquisitoire à l’encontre de son colistier, assis juste devant lui.
« Je trouve ce rapport affligeant. Monsieur Aeschlimann vous nous avez menti, à nous vos collègues, nous vos colistiers, comme vous avez menti aux
Asniérois (…).
Si pour ma part il m’est arrivé de taire mes désaccords par solidarité avec mes collègues, je me refuse à cautionner plus longtemps l’inacceptable », s’est-il exclamé sous les applaudissements d’une salle effarée.
L’intervention de Cyrille Dechenoix : « Ça a le mérite d’être clair... C‘est bien pour la démocratie que chacun puisse s’exprimer. Le retournement de veste, en politique, est courant », a bredouillé Manuel Aeschlimann, visiblement décontenancé par ce coup de théâtre, avant d’esquisser une analyse très personnelle du rapport : « La dette d’une commune ne peut pas s’apprécier avec son seul montant, il faut regarder son histoire [...] L’épargne nette est positive, permettant de mieux financer nos investissements (…).
Quant à la forte consommation de carburant, elle est le résultat d’une
présence quotidienne dans les quartiers de la ville… et de trajets pour se rendre à
1’Assemblée nationale ». Une facture de 40 000 euros. Manuel Aeschlimann avait pris soin, dès le lendemain de sa défaite en mars, de communiquer cette analyse aux Asniérois dans un long courrier
(lire le document envoyé dans son intégralité).
« Monsieur Aeschlimann a diffusé illégalement ce rapport avec sa réponse en annexe. L’envoi a été payé par la ville, pour un coût de près de 40 000 euros, a dénoncé Sébastien Pietrasanta. Il a voulu que son dernier acte en tant que maire soit dans 1’illégalité ». Des bons de commande datés du 17 mars, que Mediapart s’est procuré, font effectivement état de dépenses d’un montant total de 39 578 euros.
« Les Asniérois en ont assez que leur ville fasse
la Une des journaux, ils veulent que les débats locaux se déroulent loin des tribunaux. Je n’ai donc pas porté plainte »,
a assuré le jeune maire.
La nouvelle équipe veut marquer le changement : fini, la location du véhicule de fonction, qui a coûté 50 000 euros à la ville, le maire roulera en voiture électrique et des vélos seront à disposition des élus. Finie aussi, la toute-puissance du maire sur certains dossiers : « Pour les affaires très importantes, je propose d’abord un débat en assemblée », dit le nouvel élu.
Autre symbole, la baisse de 10 % de l’indemnité du maire.
« Je demande aux Asniérois de se serrer la ceinture pour assainir les finances de la ville, je serai donc le premier à le faire », a déclaré Sébastien Pietrasanta.
« Alliance contre nature »
L’autre sujet de la soirée était le traditionnel débat sur les orientations budgétaires.
Avec beaucoup de questions sur le trio vainqueur Pietrasanta-Fischer-Leblond. Comment une liste rassemblant socialistes, centristes et dissidents de droite peut-elle gouverner pendant six ans ? « Il y a déjà de vrais conflits au sujet des délégations de compétences au maire et du vote du budget, expliquait Manuel Aeschlimann à Mediapart, vendredi 4 avril. C’est une alliance contre nature, de circonstances, ça ne tiendra pas ! ». « Depuis qu’on est élus, il essaie de semer la zizanie entre nous, mais ça ne fonctionne pas », affirme quant à lui Sébastien Pietrasanta.
Hier soir, le nouveau maire a énoncé les quatre engagements de son équipe : mettre un coup
d’arrêt à l’explosion des dépenses (réduction des dépenses de fonctionnement, de représentation des élus, des frais de carburant, d’avocat, et de communication), stopper l’explosion de la dette
et investir dans les logements,
les crèches, les parkings, offrir un service public rénové (extension des horaires de garderie, etc.), et établir 21 objectifs à atteindre en terme de développement durable, « tout en
maintenant les taux d’imposition de 2007, y compris la taxe sur les ordures ménagères ».
Marie-Dominique Aeschlimann, l’épouse de l’ancien maire, est passée à son tour à l’attaque,
évoquant « l’embarras [de l’équipe municipale] à boucler un premier budget ». C’est peut-être elle, justement, qui prendra la suite de son mari.
Numéro deux de sa liste durant la campagne, il était question, en cas de victoire, qu’elle lui succède à la tête de la mairie si le député-maire sortant était mis en examen. « Je veux
prendre du recul, je vais finir mon mandat de député, mais je ne me représenterai pas à la mairie, j‘ai fait mon temps, je me mets en pente douce pour former une nouvelle génération, nous
confiait Manuel Aeschlimann avant ce conseil. J’avais d’ailleurs l’intention de passer la main en cours de mandat… les choses ont été plus rapides que prévues.»
Son dernier combat ? Un recours pour invalidation de l’élection. Mais s’il raconte partout qu’il a « 75% de chances de le gagner », en coulisses, il affirme avoir lancé cette procédure « pour ses militants ».




Municipales mars 2008.